Je ne suis plus !
Je ne suis plus orpheline quand heureuse
femme enfant de la tristesse
je m'endors au creux de tes bras
je ne suis plus seule malheureuse
quand tes lèvres blanches en délicatesse
rencontrent ma bouche Séphora ,..
Même si j'ai perdu famille
tu es là à me regarder avec tes grands yeux
que l'amour écarquille
hé la nuit tu m'enchantes sur des fleuves
inconnus pour me bercer au beau jour,..
orpheline mais pas veuve
à cet instant merveilleux
il me reste l'amour,..
avec toi je ferai le merveilleux voyage
hé toutes les escales d'un fabuleux mariage
au son des sirènes à l'approche des terres nouvelles
à ton bras sur la passerelle
je descendrai le pont du grand bateau blanc,
sur le quai, lancerai mes bouquets charmants,..
Ce sera la croisière d'une revanche
d'un temps enfin bienheureux
où je défierai le large, habillée de robes blanches,..
je te regarderai, la tête de côté aux boucles de tes cheveux
en couronnes d'archange ô mon chevalier d'Eon
tu m'enlaceras fort, sous une pluie de rayons,..
Comme inspirée par d'habiles Cupidon
venus d'azurs lointains aux étranges démons
avec mon arc invisible à l'aplomb
de mon nuage du ciel je ferai mouche
sans répit dedans dehors en ton for
intérieur à chaque coup d'une flèche d'or
de mes envois sonores par ma bouche
je toucherai ton âme hé les larmes du passé
nous les chasserons à jamais,..
Je ne suis plus orpheline
femme enfant de la tristesse
quand au bout d'une caresse
tu me prends câline
la main sur les plages des boulevards
quand nous parcourons sur le tard
les criques des avenues
des paradis revenus !
Mais je rêve encore, pauvre folle
s'égarent se perdent mes douces paroles
tout retombe hé de nouveau j'entends des cris
dans le lointain des cités, les sordides hallalis
de ceux de mon espèce
que l'on dépèce
hé orpheline je suis,
seule je reste
réfugiée au drapé d'une veste
dans la peau d'une vie
ratée, confinée à l'orée
d'une rencontre imaginée,..
hé tout s'efface disparaît dans le faux
sur le port je ne vois plus les beaux bateaux
juste des charlatans haraguant de tristes badauds
au foyer des lares sur les quais des gares
ou aux comptoirs des bars
oui,.. l'amour se fait rare,..
,.. seulement dans les rues
le bitume froid
a remplacé le sable
hé la souffrance est nue
glacée d'effroi
sans un sourire, un geste aimable,..
ainsi de retour chez moi vaincue
perdue, je ne suis plus !


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